RN13Bis, art contemporain en Normandie

BIO/GRAPHIQUE
Alice Baude, Agathe Cabanne, Simon Desloges, Émilie Gaid, Arthur Gosse et Baptiste Leroux

15.01 — 08.03

École supérieure d’art et design Le Havre-Rouen (ESADHaR)

Contact

ESADHaR
Campus de Rouen et siège social :
2 rue Giuseppe Verdi
76000 Rouen
Campus du Havre :
65 rue Demidoff
76600 Le Havre
t. +33 (0)2 35 53 30 31

esadhar.fr esadhar@easdhar.fr

Horaires

Campus de Rouen : 09h à 12h et de 14h à 18h.
Campus du Havre : 14h à 18h.

Tarif

entrée libre.

Avec Alice Baude, Agathe Cabanne, Simon Desloges, Émilie Gaid, Arthur Gosse et Baptiste Leroux.

Commissariat :Maxence Alcalde, Helen Evans & Heiko Hansen (HeHe).

Vitrine de l’artothèque ESADHaR
74-76 rue Paul Doumer / 76600 Le Havre

 

Bio/graphique est le fruit de la collaboration entre l’option Art Médias Environnement de l’ESADHaR et les Jardins Suspendus du Havre. Les artistes présentés à Bio/graphique interrogent notre rapport à la nature comme occasion de réenchanter le monde.

 

Dès l’antiquité, les philosophes se méfient de la capacité des artistes à imiter la nature. Pour illustrer ce danger, Pline l’Ancien narre l’histoire des raisins de Zeuxis où un peintre parvient à ce point d’imitation de la nature que des oiseaux tentent de picorer des raisins peints sur une fresque. Bien avant Pline, Platon se méfiait déjà des œuvres produisant ce qu’il considérait comme étant des simulacres. Ainsi, pour lui les artistes seront désignés comme des facteurs de fausseté, de dangereux énergumènes brouillant les cartes du réel et parasitant le projet philosophie socratique de la quête de la vérité. C’est en ce sens que Platon préconise, dans La République, de bannir les artistes de sa cité idéale.

Bien plus tard, les botanistes et explorateurs des XVIIe et XVIIIe siècles n’ont eu de cesse de dessiner les plantes, cette fois dans le but de dresser un inventaire visuel et scientifique du vivant. Dès lors, la méfiance première de Platon semble levée tant l’apport à la connaissance du monde de ces graphomanes est capitale pour le progrès de la science. À la même période, le philosophe René Descartes écrit que le destin de l’homme est de se rendre « comme maître et possesseur de la nature » (Discours de la Méthode, 1637). Souvent comprisse comme un blanc-seing offert aux ambitions technicistes de la modernité, cette phrase est en réalité à la fois un programme intellectuel mais aussi une critique de ce même programme qui se cristallise dans le « comme ». Ainsi, si on veut réellement comprendre Descartes, il ne s’agit pas tant de dompter cette nature que de la comprendre, c’est-à-dire de l’étudier, de la questionner pour faire progresser la connaissance à son sujet, sans pour autant y inscrire la marque de l’homme. Ce projet est évidemment bien différent du rapport de domination sur la nature qu’a pu promouvoir une certaine modernité techniciste. Depuis lors, la rationalisation de la nature s’est intensifiée avec l’exploitation réglée des forêts ou la « rationalisation » des parcelles agricoles, jusqu’à une agronomie faisant la part belle à la chimie (engrais, pesticides, etc.) et aux manipulations génétiques si justement aujourd’hui critiquées. Mais alors, quels rapports pouvons nous entretenir aujourd’hui avec le monde végétal ? Pouvons-nous nous extraire du régime de domination face à la nature pour envisager une attitude de co-création respectueuse ? C’est ce rapport de curiosité et de respect qu’explorent à leur tours les artistes présentés dans Bio/graphique.