RN13Bis, art contemporain en Normandie

Nulla é puro
Lorenzo Vitturi

05.09 — 05.12.2020

Centre photographique Rouen Normandie

Lorenzo Vitturi, de la série Caminantes, 2018 – en cours
Lorenzo Vitturi, de la série Caminantes, 2018 – en cours

Contact

Centre photographique Rouen Normandie
15 Rue de la Chaîne
76000 Rouen
t +33 (0)2 35 89 36 96

centrephotographique.com info@centrephotographique.com

Horaires

Du mardi au samedi de 14h à 19h,
sauf jours fériés.

Tarif

entrée libre.

Première exposition personnelle en France, elle rassemble dix années de recherches de Lorenzo Vitturi (Venise, 1980) en un précipité des trois grands projets de cet artiste alchimiste: Dalston Anatomy, Money Must Be Made et son tout récent projet Caminantes.
De l’un à l’autre, il est question de la notion de circulation: des cultures, des corps, des formes.

Lorenzo Vitturi parle un langage de pigments, de textures et de formes sculpturales maintenues en un fragile équilibre, dans une sorte de «libertinage plastique» selon son expression. A Dalston, quartier multiethnique de l’East End de Londres (sa ville de résidence), il s’intéresse au marché local. Il y prend des portraits, collecte des marchandises délaissées en fin de marché, des paroles de clients et de marchands, puis assemble cette matière hétérogène dans l’espace de son studio. Se rencontrent alors l’exubérance propre au lieu et les fantaisies personnelles de l’artiste. Ses natures mortes deviennent le lieu où composer les images d’un monde globalisé, aux prises avec les effets de la gentrification et autres mutations. Un peu plus tard, il répètera ce processus, cette fois à Lagos au Nigeria, au marché de Balogun, une ville en soi. Alors que dans le reste de Lagos, comme dans la plupart des villes du monde, l’arrivée d’entreprises occidentales provoque souvent le déplacement de commerces locaux, à Balogun, c’est tout le contraire : des vendeurs de rue ont entièrement pris le contrôle de la région, et grâce à la vente de produits provenant pour la plupart de Chine, ils constituent désormais la plus grande source d’affaires au niveau local, obligeant les sociétés financières à se retirer. Après avoir pris des photos, interviewé des habitants, ainsi que recueilli des matériaux et objets trouvés, Vitturi est retourné à Londres et a poursuivi son exploration en studio. Son dernier projet, Caminantes, s’inscrit dans cette même observation puis mise en scène du mouvement de cultures, inspirée cette fois de l’histoire familiale : son père, originaire de Venise et qui, dans les années 1960 entreprit de se rendre au Pérou pour ouvrir une verrerie de Murano. Cette autre histoire de migrations sera le point de départ pour l’artiste d’un long voyage, fait de multiples allers retours entre Venise et le Pérou, entre leurs cultures, leurs formes, leurs matières.