RN13Bis, art contemporain en Normandie

Tenir Salon
Maha Yammine

17.06 — 13.12.2020

Galerie Duchamp

Maha Yammine, Autoportrait en bonne femme (détail), 2020, vidéo, 40” en boucle. Crédits photos : Maha Yammine
MahaYammine, … deTorchons et de serviettes… (détail), 2020, installation (dimensions variables). Crédits photos : Maha Yammine
MahaYammine, Salon des artistes cauchois (détail), 2020, installation (dimensions variables). Crédits photos : Maha Yammine
MahaYammine, Wall (détail), 2015, installation. Crédits photos : Mathieu Harel-Vivier, 2016

Contact

Galerie Duchamp, centre d’art contemporain de la Ville d’Yvetot
5-9 rue Percée
76190 Yvetot
t +33 (0)2 35 96 36 90

www.galerie-duchamp.org galerie.duchamp@yvetot.fr

Horaires

Ouverture des expositions : mercredi au dimanche de 14h à 18h
Ouverture des bureaux : lundi au vendredi 8h30-12h30, 13h30-17h30.

Tarif

entrée libre

Dans les pièces de Maha Yammine, il y a quelque chose d’espiègle et de grave. Quelque chose de grinçant dans la juxtaposition de ces deux termes ; mais d’un grincement pas tonitruant ; un grincement assez doux et familier – quelque chose comme le grincement d’une vieille balançoire. Elle semble utiliser l’espace de l’art – de l’art contemporain en particulier et cela a son importance – comme un terrain de jeu : le terrain de jeux d’enfants, des jeux pour passer le temps, tuer l’ennui, des jeux inoffensifs au contraire de jeux bien plus dangereux dont ils détournaient, enfant, son attention. Le problème est que les jeux conçus par Maha Yammine ne jouent plus : d’abord ce sont des œuvres et, comme chacun sait, on ne touche pas les œuvres (à part quand Marcel Duchamp nous y invite, mais ne changeons pas de sujet) ; ensuite les jeux de Maha ne marchent pas et ce malgré les efforts déployés pour en faire comprendre les règles et les enjeux, grâce à de petits schémas muraux à l’efficacité parfaite. Ce n’est donc pas parce qu’on ne comprend pas qu’on ne peut pas jouer mais parce que ses choix formels rendent le jeu inopérant.

Pour « Tenir Salon », Maha Yammine change apparemment de sujet : il n’y est plus question des jeux de société qui ont occupé son enfance, mais plutôt de coiffure, de torchons et de serviettes, d’une méthode de nettoyage des plantes d’intérieur — toutes ces tâches domestiques en général dévolues aux femmes – les maîtresses de maison. Comme pour les jeux de son enfance, elle réinterprète ces gestes du quotidien, soulignant les croisements des hiérarchies esthétiques et des hiérarchies sociales.  C’est dans le même esprit qu’elle s’intéresse à un salon de peinture organisé avec le Musée des Beaux-Arts de Rouen à l’Hôtel de Ville d’Yvetot, en 1957.

La démarche de Maha Yammine pourrait être vue comme un hommage aux pratiques amateurs. Mais elle ne s’arrête pas là (…). Autant qu’une esthétique, c’est donc une forme dans son contexte qu’elle nous montre à travers le geste neutralisé de la copiste et dont elle interroge la valeur en la présentant ici, dans une Galerie heureusement baptisée Duchamp.