RN13Bis, art contemporain en Normandie

Un monde imparfait
Gilles Caron

21.02 — 06.06.2021

Le Point du Jour, centre d’art / éditeur

Gilles Caron Soldats israéliens, 1967 © fondation Gilles Caron
Gilles Caron Abba Siddick, leader du Front de libération nationale du Tchad et le Derdeï, chef des nomades toubous, Tripoli, Lybie, janvier 1970 © fondation Gilles Caron
Gilles Caron Biafra, avril 1968 © fondation Gilles Caron
Gilles Caron Manifestante républicaine, Derry (Irlande du Nord), août 1969 © fondation Gilles Caron

Contact

Le Point du Jour, centre d’art / éditeur
107 avenue de Paris
50100 Cherbourg-en-Cotentin
t +33 (0)2 33 22 99 23

lepointdujour.eu infos@lepointdujour.eu

Horaires

Du mercredi au vendredi, de 14h à 18h.
Samedi et dimanche, de 14h à 19h.
Été, ouvert aussi le mardi de 14h à 18h.

Tarif

entrée libre.

En partenariat avec la Fondation Gilles Caron

« Il n’y a aucune raison pour que ce monde imparfait et ennuyeux qui m’a été donné à la naissance, je sois obligé de l’assumer et de l’améliorer dans la mesure de mes moyens. On subit toujours, mais de diverses façons. Ne rien faire, c’est désolant. Jouer un rôle, c’est prendre son siècle en main, en être imprégné tout entier. » Gilles Caron, lettre à sa mère, 6 mai 1960.

Comment se situer, vivre et agir dans un « monde imparfait » ? Telle est la question que se pose le jeune Gilles Caron, alors appelé à faire son service militaire pendant la guerre d’Algérie. Devenu reporter au sein de l’agence Gamma, il photographiera entre 1967 et 1970 nombre des conflits de son époque, jusqu’à sa disparition au Cambodge, à l’âge de trente ans.

L’exposition, accompagnée d’un livre publié par Le Point du Jour en novembre 2020, propose un parcours à travers quelques-uns de ses reportages les plus célèbres, comme Mai 68 à Paris ou la guerre du Biafra, mais aussi d’autres moins connus, tels que l’anniversaire du Printemps de Prague ou la rébellion armée au Tchad.

Consacrée à un reportage, chaque partie de l’exposition présente, autour d’une photographie emblématique de Gilles Caron, une trentaine de ses images et certains des magazines où elles ont été publiées à l’époque. Ce faisant, les historiens de la photographie Guillaume Blanc, Clara Bouveresse et Isabella Seniuta, commissaires de l’exposition, éclairent le contexte historique et les conditions de production de ces images, ainsi que leur diffusion par la presse à laquelle elles étaient destinées.

Relue ainsi sous l’angle de ses ambivalences, l’œuvre de Gilles Caron traduit la complexité à rendre compte de ce « monde imparfait » dont il choisit, en tant que photoreporter, d’« être imprégné tout entier ».

Les commissaires

Guillaume Blanc prépare une thèse à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne sur l’idée d’une « civilisation de l’image » dans la France des années 1950- 1970. Ses publications récentes incluent une contribution à Icônes de Mai 68. Les images ont une histoire (BnF, 2018) et un article dans la revue Transbordeur. Photographie, histoire, société en 2019.

Clara Bouveresse est maîtresse de conférences à l’université d’Evry Paris-Saclay. Elle est notamment l’autrice d’Histoire de l’agence Magnum. L’art d’être photographe (Flammarion, 2017) et de Femmes à l’œuvre, femmes à l’épreuve. Eve Arnold, Abigail Heyman, Susan Meiselas (Arles, Actes Sud, 2019), catalogue d’une exposition présentée aux Rencontres d’Arles.

Isabella Seniuta est l’autrice d’une thèse sur l’histoire du « Eye Club », un réseau d’acteurs qui façonnèrent dans les années 1960-1980 le marché naissant de la photographie entre Paris et New York. Elle donne actuellement un cours d’art contemporain à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

 

Autour de l’exposition
Livre
Gilles Caron, un monde imparfait
Textes de Guillaume Blanc, Clara Bouveresse et Isabella Seniuta
Format : 20 x 25 cm (broché)
70 photographies en noir & blanc et en couleurs
112 pages
28 €

Journée d’étude

Organisée en mars, cette journée d’étude réunira historiens et critiques. Elle aura plus particulièrement pour objet les conditions de production du travail de Gilles Caron et sa postérité. Elle sera accompagnée de projections de films, liés ou consacrés à Gilles Caron, tels que Les Révolutionnaires du Tchad (1970) de Raymond Depardon ou Histoire d’un regard. Gilles Caron (2020) de Mariana Otero.